Edito pour "la revue Zavata"

Publié le par Johnboy FuRu


    « Zavata est une association qui propose à des artistes de poser nus avant et après avoir pratiqué une année de culturisme intensive ». Voilà ce que venait de lire la blonde avec un radis noir Edith Ho sur la page d’accueil du site du collectif Zavata. Une sensation de joie cérébrale lui frissonna     le mollet. Elle venait de trouver le chemin vers la consécration! Poser nu était la consécration ultime pour un artiste. Qu’aurais été Renoir sans son nombril en poster détachable dans le journal de Mickey ou Rodin s’il n’avait pas posé vêtu simplement couvert d’une peau de lama dans Rustica? De plus, une année de culturisme ferait, sans aucun doute permis de chasse, le plus grand bien à son radis noir.
    Elle se mit à visiter plus intensément le site avec une sorte de petite lueur de couleur inopinée dans les yeux qui regardaient l’écran avec une ardeur dévorante de compassion quant à l’idée de découvrir quelles autres gloires en puissance pouvait bien s’adonner à la consécration. D’un clic à l’autre ce n’était que symphonie humaine, bonté divine, saintes maries de la mer, délices utiles et bombardiers japonais qui apparaissaient sous ses yeux.
    Qu’allait-elle apprendre sur ces artistes incroyables lors des séances de shooting (qui apparemment avaient lieu dans une sorte de sonde dans la poche d’un suédois?)  Untel serait-il un ancien champion de ping-pong reconverti dans l’organisation de soirées ambiance « on dort les uns avec les autres »? Et un autre ne mènerait-il pas une vie d’accordéoniste vivant caché dans un tunnel d’otarie affublé d’un masque à gaz de peur que celle-ci ne pète? Et il y en aurait un avec un chapeau qui aimait passer son temps à déguiser ses peluches avec les habits de ses grands-parents. Tout à coup, un monsieur viendrait avec son poisson rouge et jouerait de la guitare; et cette dame cachée derrière un panneau de basket prendrait tout le monde en photos pour qu’ils aient l’air plus poétique. D’autres encore arriveraient pour manger des kiwis. Et en partant elle croiserait cet homme fin comme une corne de perroquet assis seul devant son ordinateur, comparant le prix des jeans neufs.
    Oh oui!! Elle allait passer un moment inoubliable avec ces gens là.


(la revue Zavata est disponible sur demande. Contactez l'équipe sur: http://zavata-blog.over-blog.com/ , elle contient aussi 2 autres textes de FuRu ainsi que ma BD avec Séb Morsard)

Publié dans textes de fanzines

Commenter cet article

Ricky l'embrouille 27/01/2010 14:55


Rappelez vous des gens qui collectionnent les chats, c'est qu'ils ne sont pas foncièrement mauvais, surtout quand les tortues parlent d'elles mêmes. N'est-ce pas. Aller retour dans les nimbes
Voltériennes, avant le grand retour des poussins nimbés de blanc. Au fait Voltaire signait : à bas l'infâme. Vous rappelez vous ?


katou 07/01/2010 21:28


youhou ! cool que tu l'es mis en ligne ton edito ...
biz