Billy avait un trou dans son jean. Dans tous ses jeans. Du côté gauche de préférence. Il les faisait lui même. C'était une habitude
qu'il avait prise depuis tout petit.
Ca ne l'empêchait pas de siffler à longueur de temps les airs qu'il avait entendu sur « Nostalgie » en 1928 lors d'une partie de pêche avec son pote
Ernest en mer Egée à bord d'un raffiot qui raffiotait vachement bien d'ailleurs.
Ils avaient mangé du pâté ce jour là. Du bon pâté aromatisé à la citrouille.
Ernest lui avait raconté une histoire abracadabrante à propos d'un médecin malade qui écrivait un livre racontant la vie d'un africain qui portait un t-shirt
blanc.
A la fin, cet homme se transformait en arbre. Pas l'africain, mais le toubib.
A l'époque, Billy n'avait pas vraiment cru Ernest.
Mais c'était au début du siècle dernier.
Depuis une bonne dizaine d'années, il savait pourquoi Ernest s'était suicidé en ingurgitant 7422 Pépitos en onze minutes et
quarante-deux secondes car personne ne voulait croire à son histoire.
Désormais, c'était à la pelle, à tous les coins de rue, sur les motoculteurs et dans les magasins de téléphonie que les médecins se changeaient en arbres; pour un
oui ou pour un non.
Il en avait même croisé un, un jour, qui s'était transformé pour un pourquoi.
Cela posait de gros problèmes et beaucoup de gens mourraient.
Bonjour M. Dufossé.
Bonjour Docteur.
Allongez-vous. Retirez votre t-shirt.
Bien, monsieur le médecin.
Ca vous fait mal quand j'appuie ici?
Oui.
Et le pauvre M. Dufossé mourrait enraciné là. Juste parce qu'il avait mal au ventre.
Les gens n'allaient donc plus voir le médecin de peur que celui-ci ne se transforme en arbre à la moindre occasion.
Une nouvelle médecine s'était donc développée.
Pour toute maladie, de l'angine au choléra, votre voisine, le maire du village, le facteur ou un enfant de trois ans vous faisait une ordonnance. Le remède était
toujours le même: une bonne tranche de jambon dans la poche de votre manteau!!
Cette médecine nouvelle avait toutefois sa limite: la population animale. Les animaux allaient bientôt ne plus exister!
Depuis quatre ans, il n'y avait plus ni cochons, ni sangliers, ni bovins, ni ovins. On en était arrivé à chasser les pigeons, les scarabées et les finlandais afin
de fournir l'humanité en jambon.
Une fois le dernier animal découpé, s'en serai fini de l'humanité.
C'était à ça que Billy songeait en trouant la jambe gauche de son nouveau jean.
Une porte s’ouvre, elle donne sur une rue sombre, un pauvre lampadaire de même pas 40 watts éclaire difficilement une porte dans un
renfoncement.
Mais où est donc Mosca ?
J’avance pour sortir de cette ruelle inquiétante pour me retrouver sur une rue plus grande bien mieux éclairée, je croise quelque personne, des
inconnus.
Je décide de faire demi tour, retourner là d’où je viens, j’y suis déjà.
Mosca est arrivée je me place à sa gauche dans une chaise longue elle est blessée sur le coté du visage, il y a d’autres personnes assises autour d’elle avec moi
qui lui posent des questions, mais je ne comprend pas ce qu’elles disent. Je sens que je commence à trembler de plus en plus fort et de partout, je sens particulièrement ma tête vibrer de plus en
plus vite, je demande : eh, aidez moi là, ça va pas ! mais la personne à ma gauche m’ignore (je ne vois qu’elle), je panique et là j’ouvre les yeux je suis couché sur le coté et je vois
une silhouette debout devant moi, je sursaute et elle disparaît au même moment.
flippant… le dauphin ! dit Mosca
Papou éclate de rire et Mosca le rejoins dans son esclafaction, Jack n’y comprend rien, et s’en va, Clément et les autres ont lâchés la conversation sur les idées
extravagantes de jack pour aller manger, depuis un bon moment, pour ne pas dire depuis le début.
Mais arrêtez vos conneries, dit Groné, j’ai vraiment flippé…
Le dauphin ! le coupe Papou qui se roule par terre dans les bras de Mosca qui se pisse dessus pour la troisième fois.
Et merde, vous comprenez rien !
Et il s’en va....
Avant que Groné n’arrive de la cuisine pour raconter son rêve à Mosca, les faits suivants s’étaient déjà déroulés :
Lolotte est toujours dans l’abri à botte, groné vient de la quitter et l’image de Loïc lui apparaît, elle tressailli, se prend par la main et accompli son
devoir…
Ah tout de même, t’en as mis du temps, j’ai failli commencer la rénovation du toit, tellement c’était long, râle groné
Ha ha !bah ouais, mais c’était dur de créer une diversion, tout le monde était à table, j’ai du attendre que karine fasse sa vaisselle pour qu’elle me tourne
le dos, aller, dépêche toi avant qu’elle ne se rende compte de la disparition de Maïna
Groné sort la pince de sa poche, se penche sur l’enfant qui a l’air d’avoir grandi depuis ce matin et lui dit :
Ecoute maïna, nous avons compris que le temps presse mais il faut que tu arrêtes avec ces boulettes de basaltes et ces histoires de météorite sur la Lune, tes
menaces risquent de modifier le déroulement de l’opération Sauvez Willy 2, rappelle toi Sauvez Willy 1 en 44 ma pointure, ces deux Bombes sur hiroshina et Magasaki, ont bien failli
faire tout capoter.
Mais qu’est ce tu racontes ? s’exclame lolotte .
Groné se tient la tête dans les mains et vacille.
- Ah, je sais pas…
Il lève les yeux et constate avec effroi le sourire en coin et le regard malicieux de Maïna
c’est cette petite peste qui interfère dans mes pensés, arrête ça tout de suite hurle-t-il
Et il se jette sur elle…
Heureusement Lolotte attrape la petite à temps, groné se rétame la binette sur la faîtière, il en perd la précieuse pince, objet décisif pour la suite des
évènements qui disparaît et qui, après de vaillantes recherches rondement menées ne réapparaîtra sûrement jamais et qui, de ce fait, risque de compromettre fortement cette histoire très
pidante et qui, ne s’arrêtera donc jamais !!
Mais t’es taré ou quoi ! cri lolotte effarée devant cette réaction incompréhensible et pour le moins inattendue, Maïna est dans ses bras, elle
pleure à chaudes larmes et à grands hoquets incontrôlables et bruyants comme une machine à découper le poisson pané.
Oh ma ptite Maïnch, il t’as fait peur tonton groné, c’est rien va, lui dit elle pour la rassurer en la berçant.
Elles quittent doucement Groné, Lolotte lui tourne le dos, il peut voir Maïna qui s’est calmée un petit peu, il la regarde d’un œil en forme de couteau avec
des éclairs.
En réponse à ce regard meurtrier, elle lui sourit sournoisement...Groné ne la quitte pas des yeux jusqu'à ce quelles disparaissent de son champs de vision.
Je vais pas me laisser faire mademoiselle « chante le blues » se dit il, j’ai plus d’un tour dans mon sac, surtout dans le sac des voisins…
Emy n’a pas faim. Du cheval ! pfff ! Elle se dit qu’elle est la seule à se tourmenter et à essayer de trouver des liens logiques
entre les explosions, les accidents, les disparitions, et petit à petit l’étau se referme sur son doigt, car elle ne regarde plus ce qu’elle fait. Le dernier tour de la barre en métal écrase son
ongle qui rentre dans sa chair éclatée : elle hurle et là c’est comme si la douleur avait accéléré sa reflexion et avait abouti à un élément de réponse.
Les bâtons de dynamite juste au niveau de ses jambes, rangés derrière le bidon d’essence de la tronçonneuse, voilà la solution !
Quelqu’un avait laissé de la dynamite dans la 205 et quelque chose avait allumé ces espèces de réacteurs qui aurait provoqué on sait quel drame.
Non, elle ne pouvait se résoudre à tant de coïncidences. Elle desserre alors l’étau et se sent soulagée. Elle se baisse, prend deux bâtons de dynamite, le bidon
d’essence, la tronçonneuse, un marteau, une scie à métaux, du fil à béton, la ponçeuse, résolue à connaître le lien entre l’explosion de la 205 et les boulettes de basaltes.
Manque de pot, c’est Christian qui entre dans l’atelier et la surprend chargée comme un sapin de noël.
Ba Emy ?
J’ai besoin de tout ça pour faire une expérience …
Mais attends, mais c’est de la dynamite ? c’est toi qui fait tout péter partout ? les chevaux ? les voitures ?
Mais non, si c’était moi je serai quand même plus discrète …
Christian ne l’entend pas de cette oreille, il commence à paniquer, croyant réellement à l’implication d’Emy dans les explosions, il tente d’appeler un témoin à la
scène.
Emy l’arrête avant aucun son ne sorte de sa bouche :
Christian tu te tais ou je raconte à tout le monde que tu as une collection monumentale d’écharpes de club de foot !
Il avale sa salive et elle reprend :
Oui oui, Milan, Borrussia Dortmund, et aussi celle de l’équipe de Kabylie, de calais, de Reims, d’Auxerre, bref plus de 40 ! Tu me les as montré à un moment où
tu étais nostalgique des match de foot à la tv !
Bon va faire ton expérience, mais si jamais quelque chose se passe je sacrifierai mes écharpes.
Viens avec moi, tu verras.
Groné est descendu du toit de la grange, il se retrouve dans la cuisine, karine n’a pas terminé sa vaisselle, il passe près d’elle pour prendre une assiette, il a
faim le gaillard :
il reste du cheval lui dit elle, dans la marmite sur la cuisinière.
Il retire le couvercle de ladite marmite et s’offusque :
Mais y a plus que les sabots !
C’est le meilleur !
Ouais… Dit moi, on se ferait pas un ptit pacman un de ces soirs ? lui demande-t-il avec un clin d’œil et son plus beau sourire, celui ou on voit sa dent en
or.
Karine,qui ne s’attendait pas à ce que la vidéo interdite soit découverte aussi rapidement tombe sous le charme et répond, rougissante comme peau de roux au soleil
de midi.
Passe ce soir, filou ne sera pas là et Chris doit garder la maïnch, prends la caméra et la cassette avec toi…( le tout accompagné d’une bonne douzaine de clin
d’œil, « un poil excessif » pense-t-il)
Le sourire de Groné disparaît aussi sec, son premier plan, à peine élaboré, s’effondre déjà.
Euh… ouais nan en fait ce soir je peux pas, j’ai squash, hésite groné, une autre fois peut être, je t’appelle o.k. ?
o.k. dit-elle un peu déstabilisée et déçue, au fait, t’as pas vu Maïne elle était table y a 10 minutes, tu sais pas avec qui elle est ?
non.
Groné quitte la cuisine d’un pas déterminé, emportant deux sabots bien cuits, un sur une assiette, l’autre dans la poche, pas de temps à perdre, son but :
trouver chris…
Et tu chanteux chanteux chantes, ce refrain qui te plait, et tu tapeux tapeux tapes c’est ta façon d’aimer… chantonne-t-il comme pour se donner du courage.
Il descend l’escalier derrière la maison quand il aperçoit…
Mosca !
Loïc Beckett, attablé, commence à faire la connaissance de Clément, il se dandinne sur le
banc comme gêné de ne plus avoir faim. Il ne sait pas quoi dire :
Euh, tu n’as pas mal au bras ? enfin à l’épaule ?
J’ai l’impression d’être plus en forme que toi, tu es tout rouge et tu as le ventre gonflé comme une madeleine !
« L’homme qui n’a pas peur de regarder peut se faire voir. », répond Loïc comme à chaque fois qu’il se trouve face à une circonstance qui le
dépasse.
Clément cherche quoi répondre, si seulement dans sa poche il avait son petit livre de citations israëlo-palestiennes ! Il tourne la tête et tombe sur le titre
d’une brochure à prix libre. « Ah, c’est bon ça » se dit il avant de le lire tout haut :
Complicité et résignation !
Loïc plisse le front, cligne légèrement l’œil droit :
En parlant de soif, je meurs d’eau.
Lolotte et Maïna pénétrent la cuisine, Loïc sent une présence qui le pousse à sortir. Il ne se souvient pas de son appétit vorace de l’épisode yourteux. Il sort
laissant Clément quand même un peu véxé de ne pas lui avoir laissé le temps de rétorquer. C’est décidé clément part à Toulouse retrouver ce recueil de citations.
Et souvenez vous : Marie a toujours ces deux fameuses lettres écrites dans la yourte au premier épisode. Elles sont maintenant dans sa poche. Furu devait les
poster mais il semble faire partie des disparus ou des explosés.
Alors elle suit Loïc au dehors de la maison. Elle essaye de le convaincre à son insu qu’il a besoin d’aller en ville. En même temps elle vérifiera s’il est vraiment
ce que l’on attend. Sa stratégie fonctionne, Loïc n’a plus de tabac.
Marie sort une valise de l’abri bottes et lance à Loïc :
Allons-y maintenant !
Chris et Guigui sortent de la salle de répét, ils ont vraiment l’air satisfaits de leurs reprises, guigui s’est mis une perruque, Chris dit trois mots et ils sont
morts de rire, ….. ou non, ils jouent à rire, pourtant de loin la scène a l’air réelle.
Mais que cachent-ils ? se demande Guizmo qui a la déception de voir le générique de fin de l’épisode.
Suite à la démission de Désiré Maroilles, la production a enfin pu accorder l’integralité de son exceptionnel budget au prochain épisode qui vous
sera livré sans aucune coupure publicitaire, tourné en format mini DV( à la place du format vhs, obsolète, je vous l’accorde, mais tellement réaliste ), les acteurs changerons de vêtement pour la
première fois depuis le début de la série et il pourront enfin manger à leur faim, passer des coups de téléphone, conduire, se laver les cheveux, démonter une roue de tracteur et en faire un
jacuzzi à sec, apprendre la table des 13, siphonner un tube de colle, se tailler les dents, rencontrer Gash Patty et Chantale Ladsous, ouvrir une charcuterie
végétalienne, courber l’échine, siffler le train, accuser le Vévous, lire Marie-Claire à Cagne sur Mer, sentir, se faire des rideaux en rognure d’ongle, inventer la roue,suivre Marie-josé Perec,gagner le confiance de sylvain mirouf,faire d’une pierre deux coups, vomir, arreter le speed, ne pas respirer, vivre heureux
tout simplement
Précisions purement politique: cet épisode a été écrit par Groné et Marie. Je n'ai rien à voir dans cette histoir!
Guizmo a beau être ravi de voir son ami Gapennes, il n'en traînasse pas pour autant. De plus, les discussions avec Michel Gapennes sont
souvent interminables du fait de sa terrible maladie. Il est déjà 18h10 et il doit être de retour chez lui avant 18h25. Il se dit: "Bon, j'vais quand même lui prendre un ptit truc. Je sais que
ses affaires vont pas fort. Un Twix? Des Pépitos? Nan, ils sont dégueus maintenant..."
"Bon voilà Gapy, tu me mettras un Twix et un sapin pour le rétro qui sent bon. Tiens, garde la monnaie. Allez à plus
Gapy!"
- Heu.... Salut et merci. T'es bien Guizmo c'est ça?"
Tandis que Guizmo met les voiles au volant de son C35
fushia, Michel Gapennes note dans son petit calepin qu'il a vu son ami Guizmo à la date du jour, juste en dessous de ses horaires de travail et du décompte de son nombre d'années passé à
travailler ici. Il vérifie pour la treizième fois de l'après-midi qu'il finit bien à 20h aujourd'hui.
"Encore heureux que j'ai pas oublié comment on écrit, t'imagines? ... Ha merde, il est déjà parti, j'avais
oublié...."
Guizmo fonce à vive allure à travers les rues piétonnes
d'Amiens, coupant à travers les parkings payants et les magasins de sport.
18h22. Merde pas de place dans la rue à sens unique où il habite. "Tant pis, pas l'temps, j'me mets en warning devant chez
moi. J'bougerais ma caisse à la fin de l'épisode.".
Il bondit hors de son bolide, remonte son pantacourt et file vers son "home-sweet-home" quatre à quatre, écarte le peignoir
suspendu qui fait office de porte et se jette sur le pneu de tracteur qui lui sert de canapé. Il attrape la télécommande et allume sa télé. Ouf, juste à temps. Le générique, interprété par
Parpaing eux-même, vient juste de débuter. Il fredonne les paroles "Na na na... les baleines des crocodiles dans la forêt.. na na...". Le dernier plan, celui qui représente un chien à trois
pattes bavant sur un fusil de chasse, tombe presque en même temps que la dernière note.
L'épisode 8 va enfin pouvoir commencer...
Encore essoufflée par la peur, Charlotte déboule dans
la cuisine dans l’idée d’y trouver un grand jus de chaussette et surtout une oreille confortable pour pouvoir s’épancher un peu. Au lieu de ça le téléphone sonne. Elle hésite puis
décroche :
- Alloô¼. c’est madame Konovodov¼Vous avez
oublié de m’apporter mes médicaments¼
- ¼Heu oui, j’arrive tout de suite madame, vous êtes au bâtiment B, c’est ça ?
-¼Mais qu’est –ce que tu racontes lolothin, chuis à Nanthin¼
Elle sort en trombes sur le perron et aperçoit un groupe de joggers sexagénaires essayant de courir au ralenti, sur fond
du générique d’"Alerte à Malibu"¼.
Tout en s’interrogeant sur son état mentale (en effet, le coup de fil de la vieille Konovodov n’était peu être pas
anodin) elle se dit que son jus de chaussette lui avait certainement fait tourner la tête et s’enferme dans l’abri à bottes.
Pendant ce temps, devant la boulange, Philou s’adresse à sa dulcinée de Karine :
- Au fait miam’s, ce soir je serai pas là. On m’a appelé pour une urgence, ça fait deux jours mais j’avais complètement
oublié de te le dire.
- Ah la la, ça va être dur toute seule avec la Maïnch¼
- T’inquiète, j’ai demandé à Kris de me remplacer, c’est quand même le parrain de Maïna après
tout !
- Mmm, oui¼bonne idée¼
L’austral profite du créneau de parole :
- Au fait les gars, j’voulais vous dire que j’ai branché la caméra dans la pièce ordi depuis hier soir, c’est pour faire
un clip de PARPAING en accéléré!
Karine regarde Kris, très inquiète. Lui n’a rien capté, il est juste en train de se dire que tout le monde va voir qu’il
est trop nul à Starcraft.
- Oh , reprend Jack, vous affez vu tout ce bassalte !
Maïna, qui vient de faire des progrès considérables, lui explique que ça provient du chauffe-eau.
- Ach oui, j’affais lu dans mon horoscope du "Monde Diplomatique" qu’il risquait d’y avoir des problèmes de combustion ce
mois-ci¼Bof, ça servira pour la
maçonnerie¼
Commence alors une longue discussion sur l’ingéniosité de jack, à laquelle viennent se mêler Papou, Clément et Mosca qui
ne ratent jamais une occasion de donner leur avis, surtout quand il s’agit de Jack.
Discrètement, Karine essaye d’expliquer à Kris qu’il serait bon de subtiliser la caméra avant que leur petite histoire ne
tourne au drame, mais en vain¼il est trop occupé à chercher les
accords de leur nouvelle reprise.
L'enfance d'Aurélien ne fut pas une sinécure. Aurélien
est fan de cinéma. C'est de sa passion que lui vient son surnom. L'Ostral ou l'Australien, en référence à "Crocodile Dundee 2", son film fétiche. D'ailleurs, son rêve le plus fou serait de
réaliser un "Crocodile Dundee Black" avec Eddie Murphy, son acteur favori, dans le rôle principal.
A l'école primaire, il était toujours affublé d'un chapeau de cow-boy, d'un collier de dents de lapin et d'un gros
couteau de chasse dont la lame était faite d'un alliage ultra-résistant et dont le fil était d'un tranchant parfait. Lors des récréations, il aimait bien forcer ses petits camarades, aidé de son
arme tranchante, à imiter de méchants crocodiles. Il leur sautait ensuite dessus puis les égorgeait ou leur crevait les yeux.
Mais arrivait au collège, fini la belle
vie!
Collège privé, uniforme et interdiction du port d'arme. Si jeune et déjà privé de ces simples
plaisirs...
Du fait de sa taille ridicule, 1m14 à 12 ans, les rôles s'inversèrent. Il passa de tortionnaire de toute une école à
souffre-douleur de tout un collège. Il s'enferma dès lors dans un monde bien à lui: le monde du symbolisme tyrolien. Mais comme c'est un monde bien à lui, nous serions bien incapables de vous
l'expliquer. Ca plus sa collection de tickets de bus firent que les autres élèves ne le virent quasiment plus. Il passait tout son temps dans sa chambre, volets clos, éclairé simplement d'une
bougie parfumée à l'estragon. Parfois, il rôdait la nuit dans les couloirs du pensionnat. Dans les salles de cours, il s'installait toujours dans le coin opposé aux fenêtres, le plus dans le noir
possible, abrité sous la capuche d'un éternel sweat "Power Rangers".
Le temps passa et il acquerra un nouveau surnom: « l’homme de l’ombre ».....
« Hou, ce flash-back m’a donné la chair de
moule », frissonna pour lui-même Guizmo, la bouche pleine de Twix. « Merde, c’est quoi tous ces cons qui klaxonnent dans la rue? Font chier. En plein pendant ma série. ». Mais le
bruit de la rue ne l’obnubila pas si longtemps que ça tant il était touché par les révélations qui venaient d’être faites sur son personnage préféré, personnage qu’il idolâtrait au point de
s’être rasé le crâne pour lui ressembler.
« Oui, oui. Non mais mon ptit FuRu, comprenez bien
que je vous comprends mais c’est la dure loi des séries. » Mais Benjamin Toussaint - jeune producteur alternatif de 34 ans, Benjamin Toussaint partage sa vie entre Paris pour le travail et
La Rochelle, son lieu de villégiature. Il vit à fond ses passions que sont le cinéma, la littérature suisse et le mini-golf. Il aimerait enfin se faire un nom dans le milieu grâce à cette série -
se rend bien compte qu’il est face à un grave problème. L’homme qui se trouve en face de lui a le visage blafard, les cheveux en pétard et une haleine de phoque qui vendrait du poisson. FuRu, qui
est toujours tiré à quatre épingles, s’est présenté ce matin à son bureau sans rendez-vous, vêtu d’un jean troué et sale et d’un t-shirt « Lofofora » troué et sale lui aussi. Ca y été;
le succès arrivant, les premiers ennuis aussi. Et un acteur qui n’est pas satisfait de son rôle! Un!
« Non mais vous comprenez pas! Et puis arrêtez de m’appeler FuRu comme tous ces gens dans la rue! Mon nom c’est Désiré
Maroilles! Je ne suis pas que ce type taré et pleurnichard de la série, je suis un vrai acteur et.... » et il fondit en larmes.
La conque retentit. « A table », hurle
Seb. Toute la troupe monte le grand escalier qui mène à la cuisine.
Groné arrive par derrière comme à son habitude et ouvre la porte de l’abri à bottes¼par intuition.
- Qu’est-ce que tu fous là lolotte? C’est pas un endroit pour faire la sieste!
- Mais tu vois pas que je suis en train de ranger!
- Tu devineras jamais ce que j’ai vu, dit-il à voix basse
- Madame Konovodov ?
- Qui c’est celle-là ? Non, c’est une vidéo où on voit Kris jouer à pacman sur Karine¼
- Les autres sont au courant ?
- Bah je l’ai dit à Marie¼
- Ha mais ça va tout faire foirer¼
- Oui, je sais que nous risquons gros sur cette affaire, mais le jeu en vaut la
chandelle, non ?
Groné avait le regard tellement noir que Charlotte en inonda l’abri à bottes.
- Arrête, tu me fais peur ! On dirait Bouguédi !
- Bon, trêve de plaisanterie, il est temps d’y aller. Tu me rejoints sur le toit de la grange avec Tu-Sais-Qui, moi
je file chercher une pince¼
Et ils partent en courant.
C’était, d’après son carnet, la treizième fois en deux
mois qu’il regardait le premier épisode de « Frayss Pix ». Son médecin lui avait conseillé de regarder une série télé pour faire travailler sa mémoire. Michel Gapennes avait donc acheté
le « Tome 1 » de « Frayss Pix » en DVD mais les résultats se faisaient attendre. Certes, les visages des personnages lui disaient vaguement quelque chose mais l’histoire ne
faisait pas tilt dans ses souvenirs. « Treize fois, c’est dingue... », se dit-il. Pourtant, malgré la fatigue, il était captivé par le début de l’histoire. Ca parlait de jeunes gens
vivant en communauté dans un village perdu en haut d’une colline. Enfin ça, c’était la pochette du coffret qui l’annonçait car pour l’instant il n’avait vu que des plans d’un triste village en
pierres tombant en ruines. Et la pluie qui tombait drue. Mais la scène qui se déroulait sous ses yeux allumée une lueur à l’intérieur d’eux. Deux personnes de sexe opposé se trouvaient à
l’intérieur d’une soucoupe volante et écrivaient chacune dans leur coin en buvant du thé. Ils ont commencé à discuter mais Michel ne comprend pas grand chose à ce qu’ils racontent.
« Peut-être viennent-ils d’une autre planète? Ou alors ça se passe dans le futur? » En tous cas, ça avait l’air bien, il s’était bien mis dedans. Ca lui faisait oublier ses
mésaventures. Je crois qu’il avait pas besoin de ça pour oublier mais sait-on jamais. Sur le chemin entre la station et son appart, des cabotins s’étaient amusés à lui jouer un sale tour.
Alors qu’il pensait rentrer bien peinard en suivant le fil à pêche tendu entre son lieu de travail et son chez-lui, afin qu’il ne se perde pas, des galopins s’étaient amusés à faire faire des
détours à son astuce de petit poucet. Il avait ainsi traversé une boucherie, deux salons de coiffure, une animalerie pour nains, un club de boxe, quatre sandwicheries, une école maternelle en
flammes, une boulangerie, une poissonnerie végane, trois pizzerias, dix-sept banques, la mairie d’Amiens, une voiture de police, un kiosque à musique et trois boutiques franchisées de pompes
funèbres. Mais non, il avait déjà oublié tout ça, ainsi que la question qui le taraudait alors: « Comment est-ce possible que le fil soit aussi long? ». Non, tout allait bien, il était
dans son fauteuil préféré, ses gros pieds posés sur la table basse; toujours dans sa tenue de travail: pantalon pattes d’éph’ et chemise disco. Pourquoi aimait-il le disco? Encore une question à
laquelle il ne pourrait plus répondre...
Désiré Maroilles, alias FuRu dans la série, tentait
vainement depuis une heure de convaincre le producteur, Benjamin Toussaint, pour qu’il force les scénaristes à donner une orientation toute différente aux prochains épisodes et surtout à son
personnage.
- Nan mais regardez ce qu’il y a d’écrit dans « Le Figaro ». Ils ont publié le rapport du Docteur Yves Remord. Vous
avez vu les chiffres?
- Oui, oui. D’ailleurs je m’en réjouis. Parpaing est en tête des écoutes sur Dogmazic.net, ils vont même passer à
« Radiobrique », et on voit des t-shirts « Ya quinquin » à tous les coins de rues.
- Quoi?! Mais vous rigolez?! 77% des Français déclarent regarder "Frayss Pix"!!
- Oui, oui. Ne vous inquiétez pas, vous toucherez un pourcentage sur les ventes de produits dérivés.
- Mais il est pas là le problème!! C'est la suite! 97% disent qu'ils n'y comprennent rien et les autres ont Alzheimer! Vous
vous prenez pour David Lynch ou quoi? Même les acteurs sont perdus et vous avez coupé un bras au Polonais qui joue le rôle de Clément!
- Oui, oui. Mais c'est ce que le public veut. Du mystère et du sang. Et puis dans les contrats, vous acceptez les sévices
corporels.
- Rien à foutre des contrats! J'vous parle de moi, de ma vie! Regardez. Pour 69% des Français, je suis le personnage auquel
ils aimeraient le moins ressembler, loin devant Neurones. Et puis tous ces nouveaux personnages qui déboulent sans cesse, ils vont me piquer la vedette! Je vous emmerde, je quitte la série! Allez
vous faire foutre!!!
FuRu claque la porte du bureau et disparaît.
* La serre!! La 205 se trouvait au milieu de la serre! La
serre: déchirée, arrachée; tous les plants et les semis bousillés. "Merde, c'est quoi ce délire?!", s'exclame FuRu en s'approchant. "Mais c'est ouf! Mais c'est ouf. Mais c'est ouf....", panique
Marie. La voiture explose. FuRu crie. Marie pleure.*
-Ooooooh! Le truc de diiiiiiingue! La 205 qui explose! J'en reviens pas!
Michel Gapennes hallucine sur cette scène. C'est la treizième fois qu'il hallucine sur cette scène...
C'est la fin de l'épisode, allait-on enfin savoir quel
était donc ce plan machiavélique que complotaient Lolotte et Groné et pourquoi Filou les avait-il abandonnés? De biens belles questions auxquelles Guizmo aurait aimé prendre le temps de
réfléchir mais il lui fallait avant toute chose allait déplacer sa voiture qui bloquait la rue....
Charlotte trébuche en arrivant devant Loïc, les yeux et le pantalon tous deux trempés. Loïc, surpris, se mouche.
Charlotte se relève, attrape par la manche l'être qu'elle a aperçu en s'écroulant et l'entraîne dans le brouillard par le sentier d'où elle arrivait.
Prise par la panique, la chute et le besoin d'aide, Charlotte a agrippé Loïc sans vraiment savoir qui il était. Ce dernier, le visage
masqué par son mouchoir et ne sachant réagir face à la soudaineté des événements, se laisse traîner vers un horizon brumeux.
Dring dring!!
- Ah, téléhone!, Clément, tu vas répondre (rires)
- Ahah superdrôle Mosca, tu me la refais?
- Ah téléphone!, Clément tu vas répondre (re-rires)
- Ahahahah vraiment pas mal Mosca, là ça c'est vraiment génial, c'est
marrant, ça m'inspire pas mal d'insultes et de noms d'oiseaux genre une buse.
Pendant ce temps, Papou s'est levé devant le spectacle navrant offert par
Mosca et Clément dans la cuisine, déterminé à empêcher le téléphone de sonner plus longtemps.
- Allô, salut c'est olivhin, c'est qui là?
- Salut, moi c'est Papou.
- Salut Papou, moi c'est olivhin; bon en faithin, je devais arriver hierhin
mais je suis encore à Nantehin et j'arrive que vendredi, ça vous dérange
pas?
- Ah ouais t'es de Nanthin, tu connais qui a nanthin? pasque moi figure toi
que je suis de nanthin.
- C'est pas vrè, de nanthin?
- Ouais, de nanthin.
- C'est bizarre, je trouve que t'as un drôle d'accent.
- Ouais bizarhin.
- Ouais, bizarhin, est-ce que tu veux que je te passe quelqu'un qui est
plus au courant que moi?
- Ouais, passe moi lolotthin
- Elle est pas là, je l'ai pas encore vu.
- Ah merdhin! bah je rappelrai plus tardhin.
- Ouais, rappelles plus tardhin.
- Et sinon, le bras de Clément, ça va mieux?
- Mais comment tu sais pour...
Trop tard, Olivier avait déjà raccrocher, le LA intermittent lui résonnait
dans la tête au rythme de son coeur accéléré par la dernière phrase d'Olivier."Merde, il arrive quand déjà..."
Le brouillard ; Loïc Beckett a toujours aimé le brouillard. Du plus loin qu'il s'en souvienne, le brouillard l'a
toujours mis dans un état d'euphorie certain. Il jubile et se laisse entraîner par son étrange locomotive à travers le flou qu'il apprécie tant.
Très pressés de concrétiser leurs envies musicales, Kris et Guigui descendent presque en courant trébuchant sur Maïna. Arrivée devant la
boulange, elle continue d'hurler : « DAFOUI !! » L'euphorie laisse place à l'abassourdissement et ils s'arrêtent devant la petite.
De quoi veux-tu dire ? demande Guigui
DAPHOUI !!
Voyant son cri alarmé, tout de suite, François Feldman revient à l'esprit de Guigui, il se met à chanter :
« Faut pas pleurer , petit frank .. »
Karine a entendu les cris de MaÏna, elle ouvre les yeux
OUH putain !
Elle dégringole de la mezzanine et tombe sur Jack qui pivotait sur lui-même pour trouver d'autres choses à stocker sur une étagère.
Peut être tu as besoin d'une étagère ? s'inquiétes Jack de voir Karine par terre.
Karine ne répond pas elle descend vers les cris. Maïna reprend : « DAFOUI »
Quoi ? Des crottes de basaltes comme des moulettes de bouton ? comprend Karine.
Elle lève la tête et voit d'abord que Filou, Emy et l'Austral sont aussi là. Emy en guise de bonjour précise qu'elle n'aime pas le vin blanc.
Mais tout comme la logan hante Christian, ou comme le sucre fait partie ingérente de Neurone en ce moment, Karine est restée sur les préoccupations de son enfant.
Et en un quart de seconde elle confirme la découverte de Maïna et calcule qu'avec une douche par semaine en un an on arriverait vite, vu la taille des moulettes, à construire un grand théâtre
souterrain, 500 places assises.
Alors que l'Austral et Filou suivent le regard de Karine, Filou lui repense au coït explosif de la nuit dernière. Il ne pouvait s'empêcher de croire que Groné et
Lolotte y étaient pour quelque chose. Il se sentait seul contre eux.
Sur ces entre-pensées, Neurone, Groné et Marie arrivent :
Vous savez de quoi parle Seb quand il dit qu'on va manger du cheval ? enchaîne Groné.
Oui, répond l'Austral, je ne vous ai pas dit! Seb et Clément ont vu un cheval s'exploser contre un arbre cette nuit! Seb a perdu ses dents et Clément son bras
gauche.
Neurone n'écoutes pas vraiment ce récit noctambule, il lance :
Bon, désolé mais je dois aller chercher Aurélien et Alex, ils reviennent de la ville avec deux sacs de 25 kg de sucre. A tout l'heure.
Charlotte transporte Loïc jusqu'à la yourte de Karine et Filou.
« Fallait qu'euj mont' ça à quelqu'un ! » expulse-t'elle après avoir pénétré à l'intérieur d'un pas fébrile. Elle le traîne jusqu'à la soute à fromages de
Karine et lui désigne le côté contre lequel est encastrée la tête de Zeb.
« R'gardes! R'gardes! » transpire Charlotte.
Elle se tourne alors vers son compagnon qui, depuis, avait rengainé son mouchoir dans sa manche et, abasourdie, tombe inanimée en découvrant le visage en forme de
pâté de ce dernier.
Loïc sourit. D'où vient cette tête ? Il propose à son corps d'effectuer un 360 °, son corps accepte. Ses yeux enregistrent. Les tâches de sang, les morceaux de
chair un peu partout, un bras rouge culotte pendant au dessus d'un lit d'enfant. Son cerveau reçoit. Son corps frémit.
Soudain il se jette sur la tête et croque. Il devient comme fou furieux. Et il recroque jusque... rien, il ne reste plus rien. Quelques instants ont suffit pour
qu'il avale tout, crâne y compris. Ne se laissant aucun répit, il ingurgite une rotule, lèche le sang, sirote un foie, se prépare un oeil mayonnaise. Il scintille de joie.
Lorsque moins d'un quart d'heure plus tard, Charlotte reprend connaissance, le sinistre spectacle qui l'avait effrayée n'existe plus. A la place, elle voit une
yourte bien rangée, le sol luisant ; pas de sang, pas de morceaux de corps. Et ce type qui lui sourit au milieu.
« Ca va ? Tu as fait un malaise, je crois. » lui dit-il, souriant toujours bêtement.
Charlotte hallucine grave, les mots restent coincés dans son gosier serré. Elle l'entend lui dire :
« Tu m'as fait peur. Tu m'as traîné jusqu'ici et à peine rentrée, tu t'es évanouie. T'étais comme en transe. »
Charlotte semble reprendre ses esprits.
- Mais .. Mais .. t'es le type.. celui qu'j'ai vu à la yourte..Si ! T'étais là après l'éclair ! Tu m'a fait un signe.. Putain, t'es qui ??!!!
Euh.. en fait, moi aussi j'ai fait un rêve. Des rêves même, ça disait « Va chercher le bonheur à Frayssinous ». Mais je suis perdu depuis hier soir
et on m'a piqué ma voiture.... C'est génial cette brume j'adore.
Silence pesant.
Heu.. sinon moi c'est Loïc. J'ai un chien qui s'appelle Maurice. Ma mère couche avec. Dois-je le considérer comme mon beau-père? J'ai aussi une collection de
pouces. Et toi? C'est comment ton nom?
Charlotte ne fait pas sa fière à bras et déguerpie aussi vite que lui permettent ses membres atrophiés par la tétanie.
13h, soleil de plomb. Le nez collé, la gorge aride, le jeune Furu s'éveille au beau milieu de sa yourte, encore fumante de l'innondation de la
veille, prenant enfin un respiration plus que nécessaire; c'était seulement la troisième depuis qu'il s'était endormi.
En effet, plongé dans son rêve préferé, celui où il s'endort aux côtés de Véronique Sanson et qu'elle le réveille en reprenant « puisque tu pars » à
l'accordéon, il n'avait respiré que deux fois. Et là, comme à chaque fois quand il se réveille il s'interroge sur sa vraie couleur de cheveux, ça ripe dans tous les coins de sa tête et sa
réflexion finit immanquablement par se porter sur le sens de sa vie ici à Frayssinous.
Fraîchement dîplomé de l'Ecole des finances, Furu s'est installé sur ce lieu avec la ferme intention d'y développer une entreprise genre s.a.r.l.
à gros budget. Il a d'abord pensé à une fabrique de bière de cynorrodhons parce qu'il trouvait que son côté pulpeux était un atout commercial, puis à une entreprise de « cabanes pas
terminées » dont les habitants de Frayss se sont fait une spécialité.
Mais depuis quelques semaines c'est d'une casse qu'il rêve pour l'avenir économique de Frayssinous. Le stock est déjà bien commencé avec une petite trentraine
d'épaves disséminées sur le lieu mais surtout il a compté que sur les deux derniers mois étaient passés 3 Range Rover, 2 Lada, 8 Skoda et 10 twingo... Elles avaient toutes eu au moins un couac
sur cette longue et rude piste qui mène au hameau.
« En rehaussant quelque pierres bien placées et en bouchant les rigoles y'a surement moyen qu'aucune bagnole n'arrive ici en état de marche... » se
dit-il en nageant dans l'épaisse vapeur d'eau pour atteindre la porte. « c'est aujourd' hui ou jamais! »
Le ventre vide, il descend à la plateforme mécanique. Le voici maintenant assis au volant du célèbre 913, un poids lourd plateau d'occasion, arborant une superbe
grue jaune de 5 mètres que le collectif frayssieur avait acheté pour construire une piscine à balles, mais l'idée était tombée à l'eau.
« Cette piste va devenir un vrai chemin de croix pour les voitures, un stairway to even bien réel!... » hurle-t-il en exagérant ses sourcils
sataniques.
Pa pa papapa papapa pffffffffquit....
« Tu vas démarrer oui! Allez, allez... »
Mais soudain:
Bouh! Furu, qu'est-ce tu fous dans c'camtard, s'esclaffe Lolo en collant sa tête au pare brise pour lui faire peur.
Abruti, j'étais sur le point de démarrer. Bah, et toi qu'est ce que tu fous là?
J'suis venu dormir en dessous du camion, y'avait moins de fuites que dans ma yourte!
T'as pas un truc pour démarrer cette merde?
Si, tu mets la 3è et t'allume la radio. J'te jure, ça a marché une fois. Mais tu pars faire quoi, une fois?
T'occupe!!
Sur ces brèves paroles le camion démarre enfin et s'élance dans les méandres caillouteux de la piste.
Michel Gapennes compte pour la quatrième fois consecutive le nombre de paquets de pepito posés sur le rayon biscuits
de la station service où il travaille
depuis 13 heures, et depuis 14 ans songe-t-il. Il n'a pas vendu un seul
paquet depuis 3 mois, il songe qu'il devrait arrêter ce métier; qu'il
devrait revendre cette station qui ne lui rapporte rien depuis qu'il vend
des pepitos ou plutôt depuis qu'il n'en vend plus. En effet le cour du
pepito s'est effondré, et la recette a changé, les gens n'en veulent
plus...
Un homme entre dans la station, il vient de faire le plein de gasoil.
- Salut Gapy!
Michel a du mal a reconnaitre cette personne qui n'a presque aucun poil
sur le caillou.
- Bonjour monsieur...
- Bah eh! C'est guizmo!!
- Naaaaannnnn!! Guizmo!! Déliiiiire, ça fait combien de temps??
- Bah 3 semaines....
Malheureusement Michel, à trente ans, est déjà atteint de la maladie
d'alhzeimer, il a du mal à se rappeller de plein de choses, mais c'est normal,
c'est alhzeimer...
Mais retournons plutôt à frayssinous où l'ambiance, depuis
quelque temps,
est plus que paranormal, c'est en tous cas, l'avis du docteur Remord Yves,
psychiatre et expert en sciences occultes, spécialiste de la psychologie
collective, à qui nous avons demandé une analyse complète et précise des
événements relatés dans les précédents épisodes.
Notre équipe de rédacteurs est en ce moment même en train de retranscrire
l'enregistrement de l'interview du docteur Remord; nous essaierons de vous
faire part des propos du docteur dès que possible. Bonsoir.
Et voilà, nous sommes à la fin du Tome Un de Frayss Pix. C'est six premiers épisodes sont regroupés dans un recueil sournoisement intitulé "Frayss Pix - Tome Un (épisodes 1 à
6)". Sur demande de votre part, il est possible de le recevoir. A partir de bientôt, peut-être même demain si vous êtes sages, je publierai les épisodes du Tome Deux.
Pi j'ai viré cet horrible configuration de blog que j'avais depuis quelques temps et - grande nouveauté! - j'ai enfin réussi à ajouter des liens sur mon blog!! Si vous désirez faire
parti des heureux élus, donnez-moi l'adresse de votre blog et j'étudierai votre proposition.
A part ça, je suis resté quarante minutes coincé dans un ascenceur vendredi midi en sortant d'une matinée de travail époustouflante pendant laquelle je fus obligé de me vriller le
tympan suite à une panne générale d'électricité dans le quartier où je travaille. Effectivement, toutes les alarmes se sont déclenchées une à une car leur batterie sont tombées à plat et que j'ai
donc dû les démonter une à une, l'oreille collée à la sirène, afin de couper leurs fils. Après deux heures de folies et de panne en tous genres, l'électricité fut rétablie. Je monte dans
l'ascenceur afin d'aller me restaurer. Je commence à écrire un texto à ma petite Pauline: "Ce matin c'était l'enfer". Je mets un point à la fin de ma phrase et là, l'ascenceur s'arrête. Re-panne
d'électricité. Je vous laisse fantasmer sur ce que j'ai pu faire pendant ces quarante minutes...