Frayss Pix - Episode second

Publié le par Johnboy FuRu

     Charlotte reste étendue sur le sol, elle respire doucement, de la vapeur se diffuse dans l'air à chacune de ses expirations, les bougies sont éteintes. Elle commence à sentir le froid qui remonte du sol, elle semble s'éveiller et entend un couinement lointain, comme un petit chien qui pleure. Elle tourne la tête lentement et en ouvrant un peu les yeux, elle aperçoit une silhouette humaine lui faire un signe de la main. Trop vite, elle sursaute en se dressant le buste, c'est un homme, elle ne peut crier, une sueur froide lui remonte la colonne..

 

     Nos quatre promeneurs sont essouflés dans le chemin qui monte, mais ils discutent quand même :

 

  • Tu n'veux pas chanter une autre chanson s'il te plaît Seb, celle-ci me gave un peu..

  • OK, euh ..........« baïlalaï la bamba », hum hum hum hum tatin...

     

    Karine essaie de danser mais la pente est semée d'embûches, elle ripe sur une pierre plate.

     

  • La nuit est tombée, heureusement que la lune nous éclaire.

  • J'm'en fous j'ai pris ma lampe, répond Karine à Lolo.

  • J'espère qu'ils ne comptaient pas sur les champignons pour le repas de ce soir! rigole Nico.

     

Mais à ce moment de la discussion, ils sont arrivés sur les lieux du drame. Le feu est

quasiment éteint mais cela reste impressionnant : on aperçoit la carcasse de la voiture, les arceaux de la serre noircis et quelques débris de pots en terre.

 

  • Ne nous demandez pas ce qu'il s'est passé, on en a aucune idée!, s'empresse de leur dire Furu.

  • Ne me dites pas qu'il y a un blessé ou... s'inquiète Laurent (Lolo)

  • Vous n'êtes que sept? demande Nico. Où sont les autres ?

  • Tout s'est passé si vite, répond Marie complètement calmée.

 

    Tous ont peur d'approcher le siège conducteur de la 205.Karine passe devant tout le monde et regarde fixement ce siège :

 

  • Non, il n'y a personne!

  • J'te crois pas!, rétorque Moska, et elle s'avance aussi. Oh merde! finit-elle par lâcher.

  • Mais qu'est ce qu'il se passe? articule timidement Laurent.

  • Le délire!, ajoute Seb en se collant la main au front

     

Les trois autres du groupe Parpaing, Aurèl, Papou et Groné font le tour de ce qui reste de la serre.

 

  • Peut-être que le corps a été éjecté, propose Papou.

  • Pouffff! Qu'elle merde, dit Aurèl.

 

 

Plus tard dans la pièce commune, les conversations sont ponctuées de nombreux silences. Peu de monde élève la voix. On entend déjà des conclusions:

 

  • Y a des extra-terrestres qui se sont posés sur le lac... dit Zeb pas très convaincu..

  • [...]

 

  • Puis une remarque arrête toutes les discussions:

     

  • Et Charlotte? Elle est où?

  • Elle m'a dit qu'elle allait allumé un feu dans sa yourte; mais c'était il y a deux heures au moins!, répond Philou

  • On va la chercher?, enchaîne Furu.

  • OK, répondent Lolo et Seb.

     

    Groné s'inquiète pour autre chose:

     

  • J'vais éteindre mon ampli, je suis parti trop vite de la salle de répèt.

     

    Philou le suit, prétextant qu'il va à la réserve.

 

    Près de la cheminée, Karine, Chris, Zeb, Nico, Moska, Papou, Emy et Marie se demandent comment va réagir Charlotte. Oui parce qu'il s'agit de sa voiture, même si elle l'a donné pour un usage collectif.

Papou veut préparer des pâtes, il se lève et se dirige vers la porte d'entrée qu'il ouvre

doucement.. puis s'avance pour descendre mais il s'arrête quand il entend des voix qui proviennent de devant la scène :

 

  • ... arrêtes de t'énnerver ! J'ai dit ça parce que c'était vrai ! quelqu'un crie à voix basse

  • Oui, mais tu dérapes! Tu devais ne rien dire, POINT. S'élève une autre voix qui ne peut se contenir.

  • Tu me fais chier ! Tu n'as pas remarqué que les circonstances ont changées ! C'est quand même bizarre cette histoire...

     

    Papou se ressaisit, il a reconnu en dernier la voix de Philou qui s'adressait à Groné.

    Il n'entend plus car ils chuchotent à nouveau. Il fait demi tour, repense au repas. Il tousse fort pour signaler sa présence et file à la réserve.

 

   A une quinzaine de kilomères de là, file sur la route une Punto bleue. Son conducteur, un certain Loïc Beckett, compte aller séjourner une dizaine de jours à Frayssinous. Il n'y connait personne, n'y est jamais allé mais il a eu comme un message, un appel récurent dans ses rêves, lui disant « va chercher le bonheur à Frayssinous ». Un an de recherches aura été nécessaire pour qu'il trouve ce lieu qui ne se trouve sur aucune carte. Six mois supplémentaires lui furent nécessaire afin qu'il trouve le courage d'y aller, ne sachant pas ce qu'il allait y trouver ni d'ailleurs ce qu'il venait y chercher. L'élément déclencheur arriva hier: alors qu'il prenait sa douche, il se mit soudain à pleurnicher, se rendant compte que sa vie n'avait été jusque là qu'une succession de petits meurtres et de braquages foireux n'ayant laissé qu'une traînée de misère et de malheur derrière lui. Sa décision était prise, il voulait être heureux, il partirait dès le lendemain matin pour Frayssinous, pour ce lieu qu'il espérait magique.

 

... Essayant de se ressaisir, elle ferme les yeux, hurle. Elle entend des pas rapides autour de sa yourte, elle panique, elle a peur, et se pisse dessus pour la seconde fois en moins d'une heure.

 

  • Lolotte, Lolotte! Qu'est-ce qui ya, pourquoi tu cries? T'as vu un pendu ou quoi?, blague FuRu en pénétrant dans la yourte.

 

Charlotte, éberluée, rouvre les yeux et voie FuRu, Séb et Laurent pénétrait dans sa ronde demeure. Elle tourne la tête rapidement, jette un oeil partout autour d'elle et anxieuse et bafouillante interroge:

 

  • Vous... Vous n'avez pas vu un gars? Il.. Il était... Il était là ya 2 secondes..

  • Ca va pas? Qu'est-ce qui t'es arrivée? Et pi de quel type tu parles??, demande Laurent

  • Mais si, il était là quand j'ai ouvert les yeux j'te dis. Un gars... Un gars bizarre..

  • Lolotte, faut que t'arrêtes de mater les films de ton frère, tu t'montes des histoires pas croyables; tu vois bien qu'il n'y a que nous, lui explique Séb.

 

    Dans la cuisine, rien ne va plus. Papou, perturbé par la disussion captée par inadvertance à l'extérieur, n'a plus la tête aux pâtes. Il se trompe en voulant verser l'eau bouillante qui était sur la cuisinière et, au lieu de la faire couler dans une gamelle, la verse dans une passoire. C'est la catastrophe, l'eau lui coule sur la jambe.

Comme, faute de trop d'événements, il était resté en short depuis la fin de la répète, sa jambe brûle instantanément. C'est la panique. Il faut l'emmener aux urgences, à 25 kilomètres de là. Le problème se pose. Comment descendre Papou en bas du chemin, là où se trouvent garés les divers véhicules, sans la 205? Comment va-t-il pouvoir faire avec sa jambe pour marcher jusqu'en bas?

 

 

 

 

Publié dans Frayss Pix

Commenter cet article